Saviez-vous que depuis juin dernier, un nouveau décret de la directive européenne apporte des avancées majeures dans le domaine de la radioprotection et de la sécurité permettant une meilleure prise en compte de la protection de la population vis-à-vis des rayonnements ionisants du radon ? Ce mois-ci, faisons un zoom sur ce gaz radioactif d’origine naturel.

Commençons par l’essentiel

Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle issu de la désintégration de l’uranium et du radium présents dans la croûte terrestre. Le granit et certains autres types de roches en contiennent davantage.

Une fois produit par les roches, le radon peut être transféré vers l’atmosphère au travers de la porosité des roches et du sol. Il peut également être dissous dans l’eau souterraine où il transitera. Malgré sa période radioactive relativement courte, une partie du radon parvient à quitter les roches pour atteindre l’air que nous respirons.

Le radon est produit partout à la surface de la terre à partir de l’uranium contenu dans les sols. L’émission vers l’atmosphère dépend de deux facteurs : les conditions météorologiques et les propriétés des sols et des roches.   

En se désintégrant, le radon forme des descendants solides, eux-mêmes radioactifs. Ces descendants peuvent se fixer sur les aérosols de l’air et, une fois inhalés, se déposer le long des voies respiratoires en provoquant leur irradiation.

Dans l’air extérieur, le radon se dilue rapidement et sa concentration moyenne reste généralement faible : le plus souvent inférieure à une dizaine de Bq/m³.

Dans des lieux confinés tels que les grottes, les mines souterraines mais aussi les bâtiments en général, et les habitations en particulier, il peut s’accumuler et atteindre des concentrations élevées atteignant parfois plusieurs milliers de Bq/m³.

Le radon est aussi présent dans les bâtiments

La concentration du radon dans l'air d'un bâtiment dépend des caractéristiques du sol mais aussi des caractéristiques architecturales et de la ventilation. Elle varie également selon les habitudes de ses occupants en matière d'aération et de chauffage.

Les parties directement en contact avec le sol (cave, vide sanitaire, planchers du niveau le plus bas, etc.) sont celles à travers lesquelles le radon entre dans le bâtiment avant de gagner les pièces occupées. L'infiltration du radon est facilitée par la présence de fissures, le passage de canalisation à travers les dalles et les planchers, etc.

Le renouvellement d'air est également un paramètre important. Au cours de la journée, la présence de radon dans une pièce varie ainsi en fonction de l'ouverture des portes et fenêtres. La concentration en radon sera d'autant plus élevée que le bâtiment est confiné et/ou mal ventilé.

Les effets du radon sur la santé

 L’effet cancérigène du radon est aujourd’hui plus que reconnu. Il a d’abord été mis en évidence chez les mineurs d’uranium à partir de 1982.

Le radon pénètre dans les poumons avec l'air inspiré. Ses descendants (polonium, plomb, bismuth), produits de ses désintégrations successives, émettent un rayonnement alpha qui peut induire le développement d'un cancer.

Dans certaines régions, l’exposition des populations au radon dans les habitations, peut atteindre des niveaux d’exposition proches de ceux qui ont été observés dans les mines d'uranium en France.

Vous pouvez d'ailleurs voir sur cette carte la concentration de radon dans votre ville : IRSN

 

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Vers un renforcement de la législation en vigueur

Le décret n°2018-434 en date du 4 juin 2018 révise le niveau de référence pour le radon en milieu de travail qui est donc abaissé à 300 becquerels (Bq)/m3 au lieu de 400 Bq/m3 en valeur moyenne annuelle. 

Si le résultat des mesures excède ce seuil, des actions doivent alors être mises en place pour assainir l’air que l’on respire dans le bâtiment concerné. 

De plus, le contrôle des expositions au radon est étendu à tous les lieux de travail : en sous-sol et rez-de-chaussée alors que seuls les milieux souterrains étaient soumis auparavant à une surveillance obligatoire. 

 

En cas d’exposition des travailleurs dépassant 6 mSv/an, l’employeur devra mettre en place une organisation de la radioprotection, un zonage « radon », une surveillance individuelle dosimétrique des travailleurs et un suivi « renforcé » de leur état de santé par un médecin du travail.

 

 

Sources : IRSN / INRS

 

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